Sur terre, tout le monde a le droit de se plaindre. Les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux, les animaux eux même se plaignent. De l'excès d'amour, de l'absence d'amour, de la famille, de la solitude, du travail, de l'ennui, du temps qui passe, du temps qu'il fait. Le monde râle, c'est ainsi. Aujourd'hui, l'heure est aux plaintes lycéennes. Ils sont révoltés, bloquent leur lycées, on parle d'eux aux infos, ils se sentent puissants, vivants. Ils ont trouvé une cause à défendre, la leur. Sans savoir que bien avant ça, ils auraient pu s'engager, combattre et concentrer leur énergie dans des choses bien plus importantes. Imaginez vous avec un tube dans la gorge pour respirer, souffrant d'un cancer de la peau, coupable du meurtre de votre enfant, ou bien oui, imaginez vous sur le front en Irak, pleurant devant une photographie de vos parents, ou alors mieux, derrière des barreaux le cul défoncé par vos confrères lors de la douche de ce matin, victime du Sida ou de l'hépatite B, condamnés à rester enfermé, loin du regard d'autrui, victime d'une trisomie, enfermés dans un monde qui n'existe pas, ou bien même pire, imaginez vous mourant, dans un hôpital africain, la chaleur qui n'en fini plus, vos corps qui crient à l'aide. Imaginez vous encore, privés de vos trous du cul, parce qu'explosés lors d'une fusillade en Amérique latine, "voyages, voyages", imaginez vous comme certains otages, blottis dans le noir pendant des années, ne plus savoir ce qu'est la lueur du soleil, ne plus pouvoir sentir la chaleur d'un matin d'été sur vos visages, ou bien exilés sur une île déserte, non pas pour seule compagnie vos Ipod mais les requins qui vous encerclent, bannis à tout jamais de votre pays, envoyés en mission comme aux temps des rois, vos familles vous attendent mais vous, vous ne reviendrez pas, enchaînés par le camp ennemi, fouettés nuit et jour pour faire sortir la vérité de vos bouches. Imaginez vous au Sénégal, un enfant vous dépouille, tout ce qu'il veut c'est se fabriqué des chaussures pour éviter les bout de verres sous ses pieds, en Chine, portant un masque pour respirer de l'air filtré afin de ne pas mourir asphyxié par l'oxygène naturellement renouvelable. A Madagascar, vous sentir minuscules face aux montagnes d'ordures, en Allemagne 90 ans en arrière, enfermés pour traitrise, brûlés vifs dans un camp d'extermination. Vos arrières grands pères ont-t-ils été détenus par le camp adverse, vous ont t-ils raconté la vie dans les tranchées ? Imaginez vous encore aujourd'hui, dans le froid sous un pont envahi de rats, cachés sous une couverture trop courte pour votre taille, regardant les jeunes filles dans Paris, vêtues de slim et de sac Chanel, rien qu'un bout de leur porte feuille vous permettrais de manger pendant une semaine. Réveillez vous, vous foirez quelque chose.